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Re: Son Accent |
| Name: |
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Christian |
| Date Posted: |
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Aug 26, 08 - 5:02 PM |
| Message: |
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Il est évident, pour quiconque s'intéresse à la langue française, que la qualité du français parlé par un individu s'évalue selon la norme de la variété parlée par ce locuteur. Cela n'a pas plus de sens de juger de l'accent ou de la qualité de français d'un Québécois, d'un Acadien ou d'un Louisianais (avec les distinctions qui s'imposent), ou de tout autre francophone, selon la norme en vigueur en France que l'inverse n'en aurait.
A moins évidemment que ce francophone ne vise expressément à modifier sa pratique selon ses interlocuteurs (comme certains Cadiens aussi à l'aise en français cadien qu'en français dit standard).
Ce qui, à mon avis, perturbe ce schéma idéal, est la force et l'ancienneté de la norme écrite en France, avec ses institutions (Académie, école), ses publications reconnues comme faisant autorité (dictionnaires, grammaires, littérature) et l'implication historique du pouvoir politique dans ces questions (dès François Ier, puis rôle de la langue de la Cour, puis outil d'unification du pays à partir de la Révolution).
Face à cette norme si forte en France (et intériorisée comme nécessaire par les Français pour être pris au sérieux, ne serait-ce que dans toute profession où l'utilisation de la langue joue un rôle), on a (je parle sous ton contrôle, Harlan) une situation encore en débat au Québec en ce qui concerne la fixation d'une norme de l'écrit (partisans de la norme du français de France vs. partisans d'un standard québécois). Et dans le cas de la Louisiane, c'est l'abandon de l'écriture (jusqu'à la quasi-disparition de la presse) et la conservation essentiellement orale de la langue par les Cadiens qui a plutôt multiplié les variantes sans en privilégier aucune. Là, on pourrait presque dire qu'il n'y a que des variantes, aucune ne faisant autorité.
Cette force de la norme écrite en France (le français oral, c'est autre chose), qui constitue un point fixe et fiable à quoi se raccrocher en cas de doute, explique peut-être les commentaires de ton chauffeur de taxi ou d'étrangers souhaitant apprendre le français ; le besoin d'un point d'ancrage stable. De même qu'en France on commence généralement par apprendre l'anglais de Londres, une norme de départ qui n'empêchera personne ensuite de découvrir et d'étudier l'anglais écossais ou américain.
On peut sans doute également ajouter le poids démographique de la France comme facteur explicatif du choix de cette variété. Ce qui d'ailleurs, dans le cas de l'anglais, joue le rôle inverse puisqu'on adopte, aujourd'hui, plus volontiers dans le monde les termes et tournures américains que ceux de la mère-patrie de la langue. Et, comme tu le dis, les Américains acceptent beaucoup plus de souplesse dans l'utilisation de leur langue, d'abord en raison de l'absence des éléments historiques évoqués plus haut, ce qui les différencie de nous. Et puis aussi, certainement, en raison de la souplesse de la langue elle-même, qui autorise une grande créativité (je suis toujours émerveillé, par exemple, par cette possibilité incroyable de créer des verbes à partir de n'importe quel nom).
Juste mes deux sous, comme ça dit en Amérique
Christian |
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